Cannabis médical en France : les cinq indications, comment on y accède, et où en est le dispositif
Photo : Cannabis Tours, CC BY-SA 4.0
Le cannabis médical existe en France, il est prescrit, il contient du THC, et il n’a rien à voir avec ce qu’on achète en boutique. Le confondre avec le CBD est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet, et elle a une conséquence concrète : des patients qui pourraient relever du dispositif achètent des huiles en ligne, et des acheteurs de CBD croient avoir un produit médical. Voilà comment ça marche, qui peut y prétendre, et où en est un dispositif qui a mis des années à sortir de l’expérimentation.
D’où ça vient
Le nabiximols, un spray buccal contenant du THC et du CBD à parts égales, a obtenu une autorisation de mise sur le marché en France en janvier 2014 pour la spasticité de la sclérose en plaques ; faute d’accord sur son prix entre le laboratoire et les autorités, il n’a jamais été commercialisé. C’est le paradoxe fondateur : un médicament autorisé, jamais disponible. En 2018, un comité de l’ANSM a conclu à la pertinence d’un usage médical du cannabis dans certaines situations, et une expérimentation nationale a été lancée en mars 2021, pour deux ans, prolongée ensuite, avec quelques milliers de patients inclus.
Les cinq indications
| Indication | Situation |
|---|---|
| Douleurs neuropathiques réfractaires | Après échec des traitements disponibles. Article |
| Certaines formes d’épilepsie pharmaco-résistantes | Sévères, après échec des antiépileptiques |
| Symptômes rebelles en oncologie | Nausées et vomissements liés aux chimiothérapies, perte d’appétit |
| Situations palliatives | Soins de confort en fin de vie |
| Spasticité douloureuse de la sclérose en plaques et d’autres pathologies du système nerveux central | Article |
Le point commun des cinq : ce sont des situations où les traitements habituels ont échoué. Le cannabis médical n’est pas un traitement de première intention, et aucune de ces indications ne ressemble aux motifs pour lesquels on achète du CBD en boutique.
Les produits
Des huiles à ratios définis (THC dominant, CBD dominant, ou équilibré) et des fleurs à vaporiser, de qualité pharmaceutique, avec des taux de cannabinoïdes contrôlés lot par lot. Les formes fumées sont exclues. Les produits sont fournis par des laboratoires sélectionnés, dispensés gratuitement pendant l’expérimentation, et délivrés en pharmacie hospitalière puis, pour le suivi, en pharmacie de ville. Le patient reçoit une formation à l’usage, et le prescripteur suit une formation obligatoire.
Le parcours
- Le médecin traitant ou le spécialiste identifie une situation qui relève de l’une des cinq indications, après échec des traitements.
- Orientation vers une structure de référence : centre de la douleur, service de neurologie, unité de soins palliatifs, participant au dispositif.
- Initiation par un médecin formé, avec un titrage progressif : on commence par une huile à CBD dominant, on ajoute du THC par paliers selon la tolérance.
- Suivi : consultations rapprochées au début, évaluation de l’efficacité et des effets indésirables, renouvellement possible en ville ensuite.
Il n’existe pas de « demande » à faire soi-même : tout passe par un médecin. Un patient intéressé en parle à son spécialiste, qui sait si une structure de sa région participe.
Ce qui distingue radicalement le cannabis médical du CBD de boutique : il contient du THC (donc il est psychoactif et interdit au volant), il est dosé au milligramme par le pharmacien, il est gratuit dans le cadre du dispositif, et il est suivi. Une huile de CBD achetée en ligne n’a aucune de ces quatre caractéristiques, et ne peut pas les remplacer.
Où en est le dispositif
L’expérimentation a été prolongée plusieurs fois, le temps de préparer la sortie vers un cadre pérenne, prévue par la loi de financement de la sécurité sociale, avec un statut de « médicament à base de cannabis » soumis à une autorisation spécifique et à une prise en charge. Le calendrier a glissé à plusieurs reprises, au grand dam des patients inclus, qui ont craint à chaque échéance une rupture d’accès. L’état exact du dispositif à ce jour se vérifie sur le site de l’ANSM, qui publie les décisions et la liste des structures : c’est la source à consulter, parce que c’est le point de ce dossier qui bouge le plus.
Un lecteur, douleurs neuropathiques post-zostériennes depuis trois ans. Il achetait du CBD à 60 mg par jour, avec un soulagement partiel, et me demandait s’il devait monter. Je lui ai répondu que son cas ressemblait à la première indication de l’expérimentation, et qu’il pouvait en parler à son centre de la douleur. Il l’a fait : il a été inclus, avec une huile CBD dominant puis un ajout de THC le soir. Six mois plus tard, il décrit un soulagement supérieur à ce qu’il avait, un suivi, et zéro euro de dépense. Il a gardé son huile de CBD pour la journée, avec l’accord du médecin.
Ce que j’en retiens
Le cannabis médical français existe depuis mars 2021, pour cinq indications où les traitements ont échoué, avec des huiles et des fleurs dosées contenant du THC, par prescription d’un médecin formé, dans une structure de référence. Il ne se demande pas, il se propose par un spécialiste. Le CBD de boutique n’en est pas une version douce : c’est un autre produit, pour d’autres usages. Le dossier revient ensuite au quotidien, avec les contrôles et la rue.

Qui est Chana ?
Je suis passionnée par les bienfaits du CBD et je partage mon expertise pour vous aider à y voir plus clair. Huiles, fleurs, cosmétiques, e-liquides… je décrypte les produits, les dosages et les usages pour que vous trouviez ce qui vous convient vraiment.
Que vous cherchiez à relaxer, soulager ou simplement découvrir, je suis là pour vous guider pas à pas.
contact@rapidecbd.fr
Le cannabis médical est-il autorisé en France ?
Oui, dans le cadre d'une expérimentation nationale lancée en mars 2021, prolongée depuis, pour cinq indications après échec des traitements habituels : douleurs neuropathiques réfractaires, épilepsies pharmaco-résistantes, symptômes rebelles en oncologie, soins palliatifs et spasticité douloureuse. Le passage à un cadre pérenne est prévu.
Quelles sont les indications du cannabis médical en France ?
Douleurs neuropathiques réfractaires, certaines épilepsies pharmaco-résistantes, symptômes rebelles en oncologie (nausées, perte d'appétit), situations palliatives, et spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou d'autres pathologies du système nerveux central.
Comment obtenir du cannabis médical ?
Par un médecin : le traitant ou le spécialiste identifie une situation relevant d'une des cinq indications et oriente vers une structure de référence (centre de la douleur, neurologie, soins palliatifs) où un médecin formé initie le traitement. Il n'existe pas de demande à faire soi-même.
Quelle différence entre cannabis médical et CBD de boutique ?
Le cannabis médical contient du THC, est dosé au milligramme, délivré en pharmacie, gratuit dans le cadre du dispositif et suivi médicalement. Le CBD de boutique est sans THC significatif, non psychoactif, acheté librement et non suivi. Ce sont deux produits différents, pour des usages différents.
Dans le même dossier

CBD au Costa Rica : la loi de 2022 sur le chanvre et le cannabis médical, et ce qu’elle a vraiment ouvert
Le Costa Rica a adopté en 2022 une loi sur le cannabis médicinal et le chanvre industriel : ce qu'elle autorise sous…

Âge légal pour acheter du CBD : ce que dit la loi (rien), ce que font les boutiques, et pourquoi je suis d’accord avec elles
Aucun texte français ne fixe d'âge minimum pour acheter du CBD. Ce que font les boutiques (18 ans par convention), la publicité…

Cannabis médical au Brésil : l’accès par les tribunaux, les associations de patients, et la décision de 2024 sur le chanvre
Le Brésil et le cannabis médical : l'accès ouvert par les tribunaux, les produits en pharmacie depuis 2019, les associations de patients,…

CBD au Maroc : la loi de 2021, la filière du Rif, et ce qui est autorisé pour qui
La loi marocaine de 2021 autorise la culture du cannabis pour les usages médical et industriel dans trois provinces du Rif. Ce…