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Le CBD, c’est quoi exactement : la molécule, ce qu’elle fait, ce qui est prouvé et ce qui ne l’est pas

Modèle 3D de la molécule de cannabidiol, atomes en gris, rouge et blanc

Photo : domaine public

CBD, pour cannabidiol : une molécule de 21 atomes de carbone, 30 d’hydrogène et 2 d’oxygène, isolée du chanvre en 1940 par Roger Adams, dont la structure a été établie en 1963 par Raphael Mechoulam. Elle a passé cinquante ans dans l’ombre du THC, avant de devenir en dix ans le cannabinoïde le plus vendu au monde. Je la prends tous les soirs, et je sais ce qu’elle fait chez moi ; ce qui suit est ce qu’on sait en général, avec la ligne entre le prouvé, le probable et le raconté.

Ce que c’est

Un cannabinoïde, c’est-à-dire une molécule capable d’interagir avec le système endocannabinoïde. Le CBD est le principal cannabinoïde du chanvre industriel, où il représente 5 à 20 % de la fleur sèche, et un cannabinoïde secondaire du cannabis récréatif, dominé par le THC. Les deux molécules ont la même formule brute et diffèrent par un cycle : dans le THC, un anneau fermé lui permet de se loger dans le récepteur CB1 ; dans le CBD, cet anneau est ouvert, et la molécule n’y entre pas. C’est cette différence de forme qui fait que l’un fait planer et l’autre non.

Comment il agit

Pas en se fixant sur CB1, donc, mais par plusieurs voies : il ralentit la dégradation de l’anandamide, le cannabinoïde du corps ; il active les récepteurs 5-HT1A de la sérotonine ; il agit sur les récepteurs TRPV1 de la douleur ; il module CB1 pour en atténuer la réponse au THC. Cette action dispersée explique son effet doux et sa polyvalence, et aussi ses limites : il n’y a pas un « bouton CBD » qu’on pousse plus fort en augmentant la dose.

Ce qui est prouvé

Une chose, solidement : le CBD réduit les crises dans deux formes rares d’épilepsie de l’enfant, les syndromes de Dravet et de Lennox-Gastaut. Un médicament à base de CBD purifié est autorisé aux États-Unis depuis 2018 et en Europe depuis 2019 pour ces indications, à des doses de 10 à 20 mg par kilo, sans rapport avec celles du commerce. C’est le seul usage validé par des essais cliniques de grande taille.

Ce qui est probable

  • L’anxiété : plusieurs essais contrôlés de petite taille (prise de parole en public, trouble anxieux social) montrent un effet à 300-600 mg, et des séries de cas à 25-50 mg. Mécanisme plausible via 5-HT1A. Mon expérience va dans ce sens à 15 mg.
  • Le sommeil : effet indirect, par l’anxiété, sur l’endormissement ; preuves faibles sur la durée du sommeil. Détail à part.
  • Les douleurs inflammatoires et neuropathiques : bonnes données animales, données humaines surtout en association avec du THC.
  • Les addictions : une étude sur le tabac (2013), une sur l’héroïne (2019), résultats encourageants, petites cohortes.

Ce qui est raconté

Que le CBD soigne le cancer, l’Alzheimer, le diabète, le Covid, l’acné et la calvitie. Pour chacun, il existe une étude en tubes ou sur souris, et zéro essai humain concluant. Ce n’est pas que c’est faux ; c’est que personne ne le sait, et qu’affirmer le contraire est interdit par la loi et malhonnête. Les allégations, une par une, sont passées au crible dans le dossier bien-être.

Un repère pour lire une étude citée sur un site de vente : chercher le mot « souris », « in vitro » ou « rats » dans le résumé. Si l’étude est animale ou en tube, elle dit qu’une piste existe, pas qu’un produit marche. Si l’étude est humaine, chercher le nombre de participants : sous 30, c’est un signal, pas une preuve.

Ce qu’il ne fait pas

Il ne fait pas planer, ne rend pas dépendant (l’OMS l’a écrit en 2017 : pas de potentiel d’abus), ne donne pas faim, et n’a pas de dose létale connue chez l’humain. Ses effets indésirables aux doses du commerce sont rares : bouche sèche, somnolence, parfois un inconfort digestif ; à doses médicales, une élévation des enzymes hépatiques chez certains patients. Il interagit avec les enzymes du foie qui métabolisent beaucoup de médicaments, ce qui justifie une question au pharmacien quand un traitement porte la mention « pamplemousse ». Le reste, le statut de drogue ou pas et l’euphorie supposée, a ses articles.

Ce que ça donne chez moi, quatre ans plus tard. Un endormissement plus rapide et moins de réveils à ruminer : cohérent avec l’effet anxiolytique probable. Rien sur les douleurs, que je n’ai pas. Rien sur l’humeur de fond, que le CBD ne modifie pas chez moi. Aucune tolérance : 15 mg font la même chose qu’il y a quatre ans. Aucun manque pendant mes semaines sans, juste le retour des nuits d’avant. C’est peu, c’est régulier, et c’est exactement ce que la littérature laisse attendre.

Ce que j’en retiens

Le CBD est une molécule bien connue, sûre aux doses du commerce, avec un usage médical prouvé, deux ou trois usages probables, et une longue liste de promesses sans preuve. Le prendre pour l’anxiété légère ou le sommeil est raisonnable ; le prendre pour guérir quelque chose ne l’est pas. Le dossier continue avec la molécule qui lui ressemble le plus et lui est opposée en tout, le THC.

Qu'est-ce que le CBD ?

Le cannabidiol, principal cannabinoïde du chanvre industriel (5 à 20 % de la fleur), isolé en 1940 et décrit en 1963. Il agit sur le système endocannabinoïde sans se fixer sur le récepteur CB1, ce qui explique qu'il ne fasse pas planer.

Quels sont les effets prouvés du CBD ?

Un seul est validé par de grands essais cliniques : la réduction des crises dans deux épilepsies rares de l'enfant, avec un médicament autorisé depuis 2018-2019. L'effet sur l'anxiété est probable (essais de petite taille), sur le sommeil indirect, sur les douleurs surtout en association avec du THC.

Le CBD est-il dangereux ?

Aux doses du commerce, ses effets indésirables sont rares et légers : bouche sèche, somnolence, inconfort digestif. L'OMS a conclu en 2017 à l'absence de potentiel d'abus. Il interagit avec les enzymes du foie de certains médicaments (ceux qui portent la mention « pamplemousse »).

Le CBD rend-il dépendant ?

Non : il n'active pas le circuit de la récompense comme le THC ou la nicotine, l'OMS n'a relevé aucun potentiel de dépendance, et l'arrêt ne provoque pas de manque, seulement le retour de l'état antérieur.

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