Aller au contenu

Contre-indications du CBD : la liste courte, les interactions médicamenteuses, et les cas où je dis non

Mains tenant une plaquette de comprimés

Photo : Shixart1985, CC BY 2.0

Ce site ne met pas d’avertissement en bas de chaque article, et ce n’est pas par négligence : c’est parce que les cas où le CBD pose vraiment question sont peu nombreux, connus, et qu’ils méritent une page claire plutôt qu’une ligne répétée partout. La voilà. Elle tient en trois familles, grossesse et enfants, foie, médicaments, et elle est écrite pour être lue une fois et gardée en tête. Le reste du site suppose qu’elle a été lue.

Les non fermes

  • Grossesse et allaitement : le CBD passe le placenta et le lait, le développement du cerveau passe par le système endocannabinoïde, aucune donnée humaine. L’article dédié explique pourquoi c’est la seule règle sans nuance du site.
  • Enfants et adolescents hors prescription : aucune donnée de sécurité en dehors de l’épilepsie et des études encadrées sur l’autisme ; un cerveau en développement. Un pédiatre décide, pas un parent avec un flacon. Le TDAH et l’autisme ont leurs articles.

Le foie

Le CBD est métabolisé par le foie, et à doses médicales (plusieurs centaines de milligrammes par jour), les essais dans l’épilepsie ont montré une élévation des enzymes hépatiques chez une partie des patients, réversible à l’arrêt, plus fréquente en association avec le valproate. Aux doses courantes, 15 à 50 mg, ce signal n’apparaît pas dans les données disponibles. Ce que ça implique : une personne avec une maladie du foie connue (hépatite, cirrhose, stéatose avancée) ou sous traitement hépatotoxique en parle à son médecin avant, et reste à petite dose ; tout le monde évite les doses de plusieurs centaines de milligrammes sans suivi. L’alcool en quantité et le CBD passent par le même organe ; ce n’est pas une contre-indication, c’est un rappel.

Les interactions médicamenteuses

C’est la famille la plus importante en pratique, et la moins connue. Le CBD inhibe deux enzymes du foie, le CYP3A4 et le CYP2C19, qui métabolisent une part considérable des médicaments courants. Quand elles sont ralenties, le médicament reste plus longtemps dans le sang, à un taux plus élevé. C’est exactement ce que fait le pamplemousse, et la règle est la même : un médicament dont la notice dit « éviter le pamplemousse » interagit potentiellement avec le CBD. À 15-20 mg par jour, l’inhibition est en général trop faible pour compter ; à 50 mg et plus, ou avec un médicament à marge thérapeutique étroite, elle peut compter, et seul un pharmacien ou un médecin avec la liste sous les yeux peut le dire.

Famille Exemples Ce qui peut se passer Que faire
Anticoagulants Warfarine (AVK) Taux augmenté, INR modifié Vérifier avant, contrôler l’INR après l’ajout
Antiépileptiques Clobazam, valproate, carbamazépine Interactions documentées (clobazam surtout) Prescripteur, toujours
Immunosuppresseurs Tacrolimus, ciclosporine Taux augmenté, risque de toxicité Prescripteur, dosages sanguins
Antidépresseurs, anxiolytiques Certains ISRS, benzodiazépines Taux modifié, sédation additive Prescripteur
Statines Simvastatine, atorvastatine Taux augmenté (comme avec le pamplemousse) Pharmacien, dose de CBD basse
Antipsychotiques La plupart Taux modifié Prescripteur
Opioïdes, sédatifs Tramadol, codéine, somnifères Sédation additive Prudence, dose basse, jamais au volant
Anti-inflammatoires, paracétamol Ibuprofène, paracétamol Pas d’interaction notable documentée Rien de particulier

La liste n’est pas exhaustive ; elle couvre ce qui revient. L’article sur la pharmacie explique comment faire vérifier une interaction en une minute avec la dose quotidienne en milligrammes.

Deux gestes qui règlent 90 % des cas. Regarder la notice de chaque médicament au mot « pamplemousse » : s’il y est, le CBD se discute. Et arriver chez le pharmacien avec un chiffre, pas un flacon : « je prends 15 mg de CBD par jour » est une question à laquelle il peut répondre ; « je prends du CBD » n’en est pas une.

Ce qui n’est pas une contre-indication, mais se sait

  • La conduite : le CBD n’altère pas la conduite aux doses courantes, mais à forte dose il fait somnoler, et un full spectrum peut rendre positif un test salivaire au THC. Broad spectrum si on prend le volant dans les heures qui suivent. Le dossier législation détaille.
  • La chirurgie : le CBD interagit avec certains anesthésiques par les mêmes enzymes ; le signaler à l’anesthésiste à la consultation, et arrêter quelques jours avant si on le demande.
  • Les personnes âgées : pas de contre-indication en soi, mais plus de médicaments, donc plus d’interactions possibles, et une sensibilité accrue à la somnolence. Commencer à 5-10 mg.
  • La tension basse : le CBD peut légèrement baisser la pression artérielle à forte dose ; sans conséquence pour la plupart, à savoir pour les hypotendus.
  • Les animaux : mêmes enzymes, mêmes questions, et des produits humains (xylitol, huiles essentielles) toxiques pour eux. L’article sur les animaux est à part.

Les effets indésirables, pour être complète

Aux doses courantes : bouche sèche, somnolence si la dose est trop haute pour l’heure, parfois un inconfort digestif avec une huile de mauvaise qualité ou une base qui ne convient pas. Rares, légers, réversibles. Aux doses médicales : les enzymes hépatiques, la somnolence, une baisse d’appétit, des diarrhées. Le CBD n’a pas de dose létale connue chez l’humain, ne crée pas de dépendance, et ses effets indésirables ne s’aggravent pas avec la durée d’usage. C’est une molécule sûre pour un adulte sans traitement à risque ; c’est précisément pour ça que cette liste est courte.

Les trois cas de cette année où j’ai dit non. Une lectrice enceinte de quatre mois : non, avec l’article. Un lecteur greffé du rein sous tacrolimus qui voulait « juste essayer » : non sans son néphrologue, et le néphrologue a dit non, pour une bonne raison, le tacrolimus a une marge très étroite. Un père qui voulait doser sa fille de 6 ans pour son sommeil : non, et le pédiatre. Tout le reste, dans l’année, a été une vérification en pharmacie et un oui.

Ce que j’en retiens

Trois non : grossesse et allaitement, enfants sans médecin, doses fortes avec un foie malade. Une famille de questions : les médicaments qui passent par CYP3A4 et CYP2C19, reconnaissables au mot pamplemousse, à faire vérifier avec un chiffre. Le reste est de la connaissance ordinaire, conduite, chirurgie, âge, et ne justifie ni un avertissement par page ni une inquiétude. Cette page est celle que le dossier suppose lue.

Quelles sont les contre-indications du CBD ?

Trois non fermes : grossesse et allaitement, enfants et adolescents hors prescription, doses fortes avec une maladie du foie. Et une famille de questions : les médicaments métabolisés par les enzymes CYP3A4 et CYP2C19 (anticoagulants, antiépileptiques, immunosuppresseurs, certains antidépresseurs, statines), à faire vérifier par un pharmacien avec la dose en milligrammes.

Avec quels médicaments le CBD interagit-il ?

Ceux dont la notice dit « éviter le pamplemousse » : le CBD inhibe les mêmes enzymes du foie. Warfarine, clobazam et autres antiépileptiques, tacrolimus et ciclosporine, certains ISRS et benzodiazépines, statines, antipsychotiques. À 15-20 mg l'effet est souvent négligeable ; à 50 mg et plus ou avec un médicament à marge étroite, il peut compter.

Le CBD est-il dangereux pour le foie ?

À doses médicales (plusieurs centaines de milligrammes), une élévation réversible des enzymes hépatiques a été observée dans les essais sur l'épilepsie, surtout avec le valproate. Aux doses courantes (15-50 mg), ce signal n'apparaît pas. Une personne avec une maladie du foie en parle à son médecin et reste à petite dose.

Quels sont les effets secondaires du CBD ?

Aux doses courantes : bouche sèche, somnolence si la dose est trop haute pour l'heure, parfois un inconfort digestif. Rares, légers, réversibles. Le CBD n'a pas de dose létale connue chez l'humain et ne crée pas de dépendance ; il peut en revanche s'additionner à d'autres sédatifs.

Dans le même dossier