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CBD et sclérose en plaques : la spasticité, le cadre médical, et ce que le CBD seul peut apporter à côté

Réseau de neurones en culture, fluorescence verte sur fond sombre

Photo : Manuel Schottdorf, CC BY-SA 4.0

La sclérose en plaques est la maladie pour laquelle les cannabinoïdes ont le plus long historique médical, et c’est aussi celle où la confusion entre cannabis médical et CBD de boutique fait le plus de dégâts. Le produit qui a des preuves est un extrait THC + CBD, prescrit, pour un symptôme précis, la spasticité. Le CBD seul, celui de mon flacon, n’a pas ces preuves et n’agit pas sur la spasticité ; il peut aider à côté, sur ce que la maladie fait au sommeil, à l’anxiété et à la douleur. Cet article sépare les deux, parce que les lecteurs atteints de SEP qui m’écrivent méritent la distinction.

La spasticité et le THC + CBD

La spasticité, cette raideur musculaire involontaire qui touche la majorité des patients au fil de la maladie, répond aux cannabinoïdes par leur action sur les récepteurs CB1 des voies motrices. Le nabiximols, un spray buccal à parts égales de THC et de CBD, a plusieurs essais contrôlés positifs sur la spasticité résistante aux traitements classiques, avec une amélioration modérée chez environ un patient sur deux. Il est autorisé en France depuis janvier 2014, mais n’a jamais été commercialisé faute d’accord sur son prix ; la spasticité de la SEP est l’une des cinq indications de l’expérimentation du cannabis médical lancée en 2021, avec des huiles et des fleurs dosées en THC. C’est là que passe ce qui a des preuves, par le neurologue et le centre de la douleur.

Ce que le CBD seul ne fait pas

La spasticité. Le CBD n’agit pas sur CB1 comme le THC, et aucun essai ne montre d’effet du CBD seul sur la raideur musculaire de la SEP. Il ne modifie pas non plus l’évolution de la maladie : les études animales sur l’inflammation du système nerveux central sont intéressantes, mais aucune donnée humaine n’existe, et les traitements de fond de la SEP sont d’une autre nature. Un lecteur qui remplacerait son traitement, ou qui attendrait du CBD ce que fait le nabiximols, se tromperait de produit, et je préfère l’écrire clairement que le laisser croire.

Ce que le CBD seul peut apporter

Symptôme Ce qu’on sait Usage qui revient
Douleurs neuropathiques Données surtout avec THC ; CBD local dans un petit essai Huile 30-50 mg/jour + baume
Troubles du sommeil Données générales sur l’endormissement anxieux Huile 20-30 mg le soir
Anxiété, humeur Données générales (essais à 300 mg) Huile 15-25 mg, 1-2 prises
Fatigue Rien de direct ; effet indirect via le sommeil
Spasticité Rien avec le CBD seul Cadre médical, THC + CBD

Ces usages sont ceux du dossier bien-être appliqués à une personne qui a une SEP : les douleurs neuropathiques, le sommeil, l’anxiété. Rien de spécifique à la maladie, et c’est justement le point.

Avec le neurologue

Deux raisons de lui en parler avant. Les interactions : le CBD inhibe les enzymes du foie CYP3A4 et CYP2C19, et plusieurs traitements de la SEP ou de ses symptômes (baclofène, certains antiépileptiques utilisés pour la douleur, antidépresseurs) passent par là ; à 15-20 mg l’effet est le plus souvent négligeable, mais la question se pose avant. Et la cohérence : un neurologue qui sait que son patient prend du CBD peut interpréter un changement de symptôme, et peut orienter vers l’expérimentation si la spasticité est le problème. Les patients qui m’écrivent ont presque tous un neurologue ouvert à la question ; ceux qui ne lui en ont pas parlé le regrettent au premier effet inattendu. L’article sur les contre-indications liste les interactions.

Pour une personne atteinte de SEP qui veut essayer le CBD pour le sommeil ou la douleur : commencer bas, 10 mg le soir, monter par paliers de 5 mg tous les trois jours, en huile broad spectrum si un test est possible, et noter les symptômes chaque soir. La fatigue de la SEP peut être aggravée par une dose trop haute en journée ; le soir seul est le bon départ.

Une lectrice, 44 ans, SEP rémittente depuis dix ans. Elle prenait du CBD « pour tout », à 60 mg par jour, en espérant un effet sur ses raideurs ; rien, et une fatigue accrue l’après-midi. Après un échange, elle a ramené le CBD au soir, 25 mg, pour le sommeil et les douleurs des jambes, et elle a parlé de sa spasticité à son neurologue, qui l’a inscrite à l’expérimentation. Un an plus tard : le THC + CBD du soir pour la raideur, le CBD seul pour les nuits, et un neurologue qui suit les deux. Elle décrit ça comme « le bon produit pour chaque chose ».

Ce que j’en retiens

Pour la sclérose en plaques, ce qui a des preuves est le THC + CBD contre la spasticité, par prescription ; le CBD seul n’y fait rien, ne touche pas à la maladie, et peut aider à côté sur le sommeil, l’anxiété et les douleurs, avec le neurologue au courant. Deux produits, deux rôles, et un flacon de boutique qui ne doit jamais prendre la place du premier. Le dossier continue sur le même registre avec la neuroprotection.

Le CBD est-il efficace contre la sclérose en plaques ?

Le CBD seul n'agit ni sur la maladie ni sur la spasticité. Ce qui a des preuves est un extrait THC + CBD (nabiximols) contre la spasticité résistante, autorisé en France depuis 2014 et présent dans l'expérimentation du cannabis médical. Le CBD seul peut aider à côté, sur le sommeil, l'anxiété et les douleurs.

Le CBD soulage-t-il la spasticité ?

Pas seul : aucun essai ne le montre, et son mécanisme (pas d'action directe sur CB1) ne le laisse pas attendre. La spasticité répond au THC + CBD prescrit, par l'action du THC sur les voies motrices.

Peut-on prendre du CBD avec un traitement de la sclérose en plaques ?

Avec l'accord du neurologue : le CBD inhibe des enzymes du foie par lesquelles passent le baclofène, certains antiépileptiques et antidépresseurs. À 15-20 mg l'interaction est souvent négligeable, mais la vérification se fait avant, et le neurologue doit savoir pour interpréter les symptômes.

Comment accéder au cannabis médical pour la sclérose en plaques ?

Par l'expérimentation française lancée en 2021, dont la spasticité de la SEP est l'une des cinq indications, sur prescription d'un médecin formé dans un centre participant. Le neurologue est l'interlocuteur pour en parler.

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