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Le 10-OH-HHC : le successeur du HHC, apparu en 2023, interdit en 2024

Carte de l'Europe indiquant le statut légal du HHC pays par pays

Photo : Szagory, CC0

Le 10-OH-HHC est arrivé dans les rayons français à l’été 2023, quelques semaines après l’interdiction du HHC, avec un argument simple : c’est un métabolite, la molécule que le corps fabrique quand il digère le HHC, donc « naturel », donc hors de portée d’une liste qui ne le nommait pas. L’ANSM a mis un an à le nommer. Depuis juin 2024, il est un stupéfiant comme le HHC. Voilà ce que c’était, pour ceux qui en croisent encore sur des sites étrangers.

Ce que c’est

Un hexahydrocannabinol portant un groupe hydroxyle (-OH) en position 10 : chimiquement, du HHC oxydé à un endroit précis. C’est effectivement l’un des métabolites du HHC chez l’humain, ce qui a servi d’argument marketing ; mais le 10-OH-HHC vendu n’était pas récolté sur des humains, il était synthétisé en laboratoire, à partir de CBD converti en HHC puis oxydé. La plante n’en produit pas. L’argument du « métabolite naturel » vaut autant que dire que l’alcool est naturel parce que le foie le transforme en acétaldéhyde.

Ce que ça faisait

Les vendeurs le décrivaient comme « plus doux que le HHC, plus long, plus corporel ». Les retours d’utilisateurs, sur les forums et dans les signalements, décrivent un effet psychoactif net, proche de celui du THC ingéré : montée lente (30 à 60 minutes en vapotage, plus en gummies), effet durable (4 à 6 heures), détente lourde, appétit, et les indésirables habituels, anxiété, tachycardie, somnolence. Aucune étude pharmacologique publiée : la puissance relative par rapport au THC est inconnue, les doses actives sont celles que les vendeurs annonçaient (5 à 15 mg), sans autre base que l’expérience de leurs clients.

Sous quelles formes

E-liquides et cartouches (la forme dominante, à 90-95 % de distillat), gummies à 10-25 mg, fleurs de CBD pulvérisées, résines. Comme pour le HHC, les produits n’avaient ni norme de fabrication ni analyse de résidus : la synthèse passe par des solvants et des catalyseurs dont personne ne mesurait ce qu’il en restait. C’est ce point, plus que l’effet lui-même, qui a pesé dans la décision de l’ANSM.

Le signe qui ne trompe pas, sur n’importe quel produit « nouveau » du rayon : un nom en lettres et chiffres (10-OH-HHC, THCP, H4CBD), un effet annoncé en termes d’« intensité », et l’absence de certificat d’analyse pour la molécule elle-même. Le CBD, le CBG et le CBN se vendent avec une analyse ; les néocannabinoïdes se vendaient avec un argumentaire.

L’interdiction

En juin 2024, l’ANSM a publié une décision classant comme stupéfiants une dizaine de cannabinoïdes de synthèse ou semi-synthétiques apparus après l’interdiction du HHC, dont le 10-OH-HHC, le H4CBD, le THCP, le THCB, le THCJD et le THCH. La méthode a changé par rapport à 2023 : au lieu d’une molécule à la fois, une famille entière, avec une formulation qui vise les dérivés hydrogénés et hydroxylés du THC et du CBD. Vente, achat et détention interdits, comme pour le cannabis. L’article sur les interdictions tient la liste à jour.

Ce qu’il en reste

Des sites hors de France qui en vendent encore, en profitant de législations qui n’ont pas suivi ; et des stocks écoulés sous d’autres noms. Pour l’acheteur français, rien ne change : recevoir du 10-OH-HHC est une importation de stupéfiant, et un produit qui fait planer sans être nommé sur une liste finira nommé. Les néocannabinoïdes en général fonctionnent sur ce cycle, et le 10-OH-HHC en est l’exemple le plus rapide : douze mois entre l’arrivée en rayon et le classement.

Un mail reçu en mars 2024. Un lecteur qui vapotait du 10-OH-HHC « pour dormir », depuis quatre mois, une cartouche par semaine, et qui me demandait si c’était « comme le CBD ». Non : il vapotait un dérivé du THC de synthèse, dosé à l’aveugle, sans analyse, pour un usage où une huile de CBD à 15 mg fait le travail sans effet psychoactif et sans risque légal. Il est passé à l’huile ; il m’a écrit en juillet qu’il dormait pareil, sans la cartouche. Ce n’est pas une preuve. C’est ce que je réponds à chaque fois.

Ce que j’en retiens

Le 10-OH-HHC était du HHC oxydé en laboratoire, vendu sur l’argument du métabolite naturel, psychoactif, sans données de sécurité, et interdit en juin 2024. Il n’a rien à voir avec le CBD, ni par l’effet ni par le statut. Le dossier décrit ses contemporains, pour la même raison : savoir ce qu’on refuse.

Qu'est-ce que le 10-OH-HHC ?

Un dérivé hydroxylé du HHC, lui-même du THC hydrogéné, fabriqué en laboratoire à partir de CBD. C'est l'un des métabolites du HHC chez l'humain, ce qui a servi d'argument marketing, mais la plante n'en produit pas et le produit vendu était synthétique.

Le 10-OH-HHC est-il légal en France ?

Non, depuis juin 2024 : l'ANSM l'a classé comme stupéfiant avec une dizaine d'autres dérivés de synthèse (H4CBD, THCP, THCB, THCJD…). Vente, achat, détention et importation sont interdits.

Quels sont les effets du 10-OH-HHC ?

Un effet psychoactif proche du THC ingéré : montée lente, effet de 4 à 6 heures, détente lourde, appétit, avec les indésirables habituels (anxiété, tachycardie). Aucune étude pharmacologique publiée ; les doses annoncées venaient des vendeurs.

Le 10-OH-HHC est-il comparable au CBD ?

Non. Le CBD n'est pas psychoactif, est légal, vendu avec analyse et documenté par des études ; le 10-OH-HHC est un dérivé du THC de synthèse, psychoactif, interdit, sans donnée de sécurité. Seul le préfixe les rapproche.

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