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Le CBD en Afrique : les pays qui ont ouvert, ceux qui n’ont rien changé, et la règle à retenir avant de voyager

Rue commerçante d'Abidjan avec transports en commun

Photo : Kateregga1, CC BY-SA 4.0

L’Afrique est le continent où la question du CBD se pose le plus mal, pour une raison simple : dans la grande majorité des pays, aucun texte ne distingue le CBD du cannabis. Là où la loi ne parle que de « cannabis » ou de « chanvre indien », un flacon d’huile de CBD est un produit issu d’une plante interdite, quel que soit son taux de THC, et c’est l’agent en face qui interprète. Quelques pays ont ouvert, pour l’export et le médical, rarement pour le consommateur local. Voilà la carte, et la règle qui évite les ennuis.

Les pays qui ont ouvert

Pays Ce qui a changé Pour qui
Lesotho Premier pays africain à délivrer des licences de culture de cannabis médical, en 2017 Export pharmaceutique ; rien pour le consommateur local
Zimbabwe Licences de cannabis médical et industriel depuis 2018 Export ; usage récréatif toujours puni
Afrique du Sud Arrêt de la Cour constitutionnelle de 2018 dépénalisant l’usage et la culture privés pour les adultes ; cadre légal précisé depuis Usage privé ; la vente reste encadrée, le CBD à faible dose a été exempté par voie réglementaire
Maroc Loi de 2021 autorisant la culture pour usages médical, cosmétique et industriel dans trois provinces du Rif Filière encadrée ; usage récréatif toujours interdit
Rwanda Cadre de culture pour l’export médical depuis 2021 Export uniquement ; tolérance zéro à l’usage
Ghana Loi de 2020 autorisant le chanvre industriel sous 0,3 % de THC, après des allers-retours judiciaires Filière industrielle
Malawi, Zambie, Ouganda Licences de culture médicale ou industrielle Export

Le point commun saute aux yeux : ces ouvertures visent l’export et l’économie agricole, pas le consommateur. Un Lesothan ne peut pas acheter d’huile de CBD en pharmacie parce que son pays exporte du cannabis médical vers l’Europe.

Les pays qui n’ont rien changé

C’est la majorité, et les législations y sont souvent parmi les plus sévères au monde, héritées de textes coloniaux durcis après les indépendances. En Côte d’Ivoire, en Tunisie, en Algérie, en Égypte, au Nigeria, au Sénégal, au Kenya, la loi vise le cannabis sans exception de taux, et les peines vont de l’amende lourde à des années d’emprisonnement. Une huile de CBD trouvée dans un bagage y est, au mieux, une source d’ennuis administratifs ; au pire, un produit stupéfiant. L’argument « c’est légal chez moi » n’a aucune portée : le droit applicable est celui du pays où l’on se trouve.

La règle du voyageur, valable pour tout le continent : ne rien emporter. Pas d’huile, pas de gummies, pas de baume, pas de fleurs. Même dans les pays qui ont ouvert, l’ouverture concerne des licences agricoles, pas votre trousse de toilette. Pour un séjour de deux semaines, une pause de CBD ne coûte rien ; une explication à un poste de police en coûte beaucoup.

Pourquoi c’est si strict

Deux héritages. Le cannabis est cultivé en Afrique depuis des siècles, notamment en Afrique australe et au Maghreb, et les administrations coloniales ont posé des interdictions qui ont été maintenues et souvent renforcées. Et la plupart des pays africains sont parties aux conventions internationales sur les stupéfiants, appliquées ici sans les nuances que l’Europe s’est données par la jurisprudence. L’évolution vient de l’économie : quand un pays voit le marché mondial du cannabis médical, il ouvre une filière d’export, et la question du consommateur local vient beaucoup plus tard, si elle vient.

Ce qui pourrait bouger

Trois dynamiques. L’export médical continue de progresser, avec des pays qui voient une opportunité agricole. La pression économique sur les régions productrices historiques, comme le Rif marocain, pousse à intégrer des cultivateurs dans une filière légale. Et les décisions judiciaires, comme en Afrique du Sud, ouvrent parfois des brèches par les droits fondamentaux plutôt que par le législateur. Rien de tout cela ne signifie qu’un rayon CBD ouvrira à Abidjan ou à Tunis dans les années qui viennent.

Ce qu’on m’écrit le plus souvent. Des lecteurs franco-africains qui partent voir leur famille et demandent s’ils peuvent emporter leur huile. Je réponds toujours la même chose : non, sauf à vérifier le droit du pays précis auprès du consulat, et même alors, l’huile voyage mal dans une valise contrôlée. Ceux qui ont essayé m’ont raconté des fouilles, des explications de vingt minutes, et une fois une saisie sans suite. Aucun n’a trouvé que ça valait le coup.

Ce que j’en retiens

En Afrique, le CBD n’existe presque jamais comme catégorie juridique distincte : il est du cannabis pour la loi. Quelques pays ont ouvert des filières de culture pour l’export médical ou industriel (Lesotho, Zimbabwe, Maroc, Ghana, Rwanda), et l’Afrique du Sud a dépénalisé l’usage privé par voie judiciaire. Pour un voyageur, la règle est de ne rien emporter. Le dossier détaille trois pays qui reviennent souvent, à commencer par la Côte d’Ivoire.

Le CBD est-il légal en Afrique ?

Dans la grande majorité des pays, aucun texte ne distingue le CBD du cannabis : une huile de CBD y est considérée comme un produit issu d'une plante interdite, quel que soit son taux de THC. Quelques pays (Lesotho, Zimbabwe, Maroc, Ghana, Rwanda) ont ouvert des filières de culture pour l'export médical ou industriel, sans ouvrir la vente au consommateur local.

Peut-on voyager en Afrique avec de l'huile de CBD ?

Non, c'est la règle prudente pour tout le continent : ni huile, ni gummies, ni baume, ni fleurs. Même dans les pays qui ont ouvert une filière, l'ouverture concerne des licences agricoles et non les voyageurs. Le droit applicable est celui du pays où l'on se trouve.

Quels pays africains ont légalisé le cannabis médical ?

Le Lesotho (2017, premier du continent), le Zimbabwe (2018), le Maroc (2021, pour les usages médical, cosmétique et industriel dans trois provinces du Rif), le Rwanda (2021), ainsi que le Malawi, la Zambie et l'Ouganda. Ces cadres visent l'export, pas la consommation locale.

Quelle est la situation en Afrique du Sud ?

La Cour constitutionnelle a dépénalisé en 2018 l'usage et la culture privés de cannabis par des adultes, et le cadre légal a été précisé depuis ; les produits de CBD à faible dose ont été exemptés par voie réglementaire. C'est le pays africain le plus ouvert pour le consommateur.

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