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CBD, grossesse et allaitement : pourquoi la réponse est non, ce qu’on sait du passage placentaire et du lait, et ce qu’on peut faire à la place

Femme enceinte assise sur un canapé, une tasse à la main, lisant un livre

Photo : Shixart1985, CC BY 2.0

Ce site ne dit presque jamais non. Ici, il le dit : pas de CBD pendant la grossesse ni l’allaitement, quelle que soit la forme, quelle que soit la dose. Non pas parce qu’on sait que c’est dangereux, mais parce qu’on ne sait pas que ça ne l’est pas, et que dans ce cas précis l’absence de donnée suffit. Cet article explique ce qu’on sait, d’où vient la règle, et ce qu’on peut faire à la place pour les motifs qui poussent des femmes enceintes à m’écrire : les nausées, le sommeil, l’anxiété.

Ce qu’on sait

Le CBD est une petite molécule liposoluble : il traverse le placenta, ce qui a été mesuré chez l’animal et dans des modèles de placenta humain, et il passe dans le lait, où il a été dosé chez des femmes consommant du cannabis. Le système endocannabinoïde du fœtus est actif très tôt et participe à la mise en place des connexions neuronales ; c’est un système de régulation du développement, et un cannabinoïde extérieur y interfère par définition, sans qu’on sache dans quel sens ni à quelle dose. Chez l’animal : des études sur le rat et la souris montrent, à fortes doses de CBD pendant la gestation, des modifications du développement testiculaire, du placenta ou du comportement des petits ; d’autres ne montrent rien. Chez l’humain : aucune étude sur le CBD seul pendant la grossesse. Les données existantes portent sur le cannabis (avec THC) et associent l’usage pendant la grossesse à un poids de naissance plus faible et à des troubles de l’attention chez l’enfant. On ne peut pas les étendre au CBD ; on ne peut pas non plus les écarter.

D’où vient la règle

De l’absence d’étude, et des positions des agences. La FDA américaine recommande depuis 2019 de ne pas utiliser de CBD pendant la grossesse et l’allaitement, en citant les données animales et le passage dans le lait. Les sociétés d’obstétrique disent la même chose. En France, les produits de CBD portent souvent la mention « déconseillé aux femmes enceintes », et c’est l’une des rares mentions défensives que je trouve justifiée, parce qu’elle repose sur un vide et non sur une précaution de façade. Pendant neuf mois et le temps de l’allaitement, le principe est le même que pour tout ce qu’on ne connaît pas : on s’en passe. L’article sur les contre-indications place la grossesse en tête de sa liste courte.

Le cas de l’allaitement

Le CBD passe dans le lait, à des concentrations mesurées chez des consommatrices de cannabis, et il y persiste, le lait étant gras et le CBD liposoluble. Un nourrisson a un foie immature qui métabolise lentement, et un cerveau en pleine construction. Aucune donnée sur ce que fait une exposition quotidienne, même faible. Là encore, non, et pas de « juste une goutte » : une goutte d’huile à 10 % fait 5 mg de CBD pour une femme de 60 kg, ce qui, rapporté au poids et à l’immaturité d’un nourrisson, n’est pas rien.

Ce qu’on peut faire à la place

Motif Ce qui existe, avec la sage-femme ou le médecin
Nausées du premier trimestre Gingembre (données positives), vitamine B6, antiémétiques compatibles sur prescription, repas fractionnés
Sommeil Position, coussin de grossesse, routine de sommeil (lumière, écrans, horaires), magnésium sur avis
Anxiété Préparation à la naissance, sophrologie, psychologue périnatal, et un suivi si ça déborde
Douleurs (dos, bassin) Kinésithérapie, ostéopathie formée à la grossesse, ceinture, chaleur
Baume au CBD sur la peau Absorption faible mais pas nulle ; par cohérence, non, et un baume à l’arnica fait le même travail

La routine de sommeil sans CBD décrite ailleurs s’applique telle quelle, et c’est souvent elle qui manque.

Pour une femme qui prenait du CBD tous les soirs et apprend qu’elle est enceinte : arrêter, sans culpabilité. Les semaines de prise avant de le savoir sont à des doses faibles, et personne n’a de donnée pour dire qu’elles ont un effet ; le dire à la sage-femme au premier rendez-vous suffit. Ce qui compte, c’est la suite : neuf mois sans, et le retour au flacon après le sevrage.

Après

Le CBD reprend sa place une fois l’allaitement terminé, pour ce qu’il sait faire : le sommeil haché du post-partum une fois que l’enfant fait ses nuits, l’anxiété, les douleurs de dos du portage. Beaucoup de lectrices reprennent à 15 mg le soir à ce moment-là, et c’est raisonnable. Entre les deux, rien, et c’est la seule règle de ce site qui n’a pas de nuance.

Un mail de mai. Une lectrice enceinte de quatre mois, insomniaque, qui prenait 20 mg de CBD le soir avant sa grossesse et me demandait si elle pouvait « juste reprendre une goutte ». Je lui ai répondu non, avec les raisons ci-dessus, et je lui ai renvoyé la routine de sommeil et l’adresse de sa sage-femme pour le reste. Elle m’a répondu qu’elle savait, mais qu’elle avait besoin de le lire. Elle a repris son flacon huit mois après la naissance, après le sevrage.

Ce que j’en retiens

Pas de CBD enceinte ni allaitante, parce qu’il passe le placenta et le lait, que le développement du cerveau passe par le système endocannabinoïde, et que personne n’a de donnée humaine. Les nausées, le sommeil et l’anxiété de la grossesse ont des réponses, avec la sage-femme, et le CBD revient après. C’est la seule page du dossier sans nuance, et elle mérite d’être lue en entier.

Peut-on prendre du CBD enceinte ?

Non. Le CBD traverse le placenta, le système endocannabinoïde du fœtus participe au développement du cerveau, des études animales à fortes doses montrent des effets sur le développement, et aucune étude humaine n'existe. La FDA et les sociétés d'obstétrique le déconseillent ; en l'absence de donnée, on s'en passe.

Peut-on prendre du CBD en allaitant ?

Non. Le CBD passe dans le lait, y persiste (le lait est gras, le CBD liposoluble), et un nourrisson a un foie immature et un cerveau en construction. Aucune donnée sur une exposition quotidienne, même faible. Le CBD reprend sa place après le sevrage.

Le baume au CBD est-il autorisé pendant la grossesse ?

L'absorption cutanée est faible mais pas nulle, et par cohérence la réponse est non. Un baume à l'arnica ou la chaleur font le même travail sur un dos de grossesse, avec la kinésithérapie ou une ostéopathie formée.

J'ai pris du CBD avant de savoir que j'étais enceinte, est-ce grave ?

Personne n'a de donnée pour dire qu'une prise à faible dose avant de le savoir a un effet. Arrêter dès maintenant, le mentionner à la sage-femme au premier rendez-vous, et ne pas culpabiliser : ce qui compte est la suite.

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