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CBD, CBG, CBN : trois lettres qui changent, ce que chacun fait, et lequel prendre pour quoi

Sommité de chanvre en fleur, gros plan sur les bractées et les pistils

Photo : Skalle-Per Hedenhös, CC BY-SA 4.0

Il y a cinq ans, les boutiques vendaient du CBD. Aujourd’hui, elles vendent du CBD, du CBG « pour la journée » et du CBN « pour la nuit », souvent dans le même flacon, avec un argumentaire qui va un peu plus vite que les études. Les trois molécules existent, sont légales et ont des propriétés différentes ; ce qu’elles font n’est pas également prouvé. Voilà le tri, et ce que j’en fais moi-même.

D’où ils viennent

Le CBG (cannabigérol) est la molécule mère : la plante fabrique du CBGA, que ses enzymes transforment ensuite en CBDA, THCA ou CBCA. Dans une plante mûre, il en reste peu, sauf dans les variétés sélectionnées pour bloquer cette transformation, qui titrent 10 à 15 % de CBG. Le CBD est le produit principal de cette transformation dans le chanvre. Le CBN (cannabinol) n’est pas fabriqué par la plante : il apparaît quand le THC s’oxyde, sous l’effet de l’air, de la lumière et du temps. Une fleur vieille contient plus de CBN qu’une fleur fraîche ; c’est un marqueur d’âge avant d’être un ingrédient. L’article sur les cannabinoïdes du chanvre décrit toute la chaîne.

Le tableau

CBD CBG CBN
Dans la fleur 5-20 % 0,2-1 % (10-15 % en variétés CBG) 0-0,5 %, plus si âgée
Psychoactif Non Non Très légèrement à forte dose
Ce qu’on en dit Anxiété, sommeil, inflammation Énergie, concentration, intestin Sommeil
Preuves humaines Moyennes (anxiété), fortes (épilepsie) Faibles (enquêtes d’usage) Faibles (une petite étude)
Moment Soir, ou journée à petite dose Journée Soir
Prix au mg 3-5 centimes 8-15 centimes 10-20 centimes

Le CBG, en pratique

Il agit sur les récepteurs CB1 et CB2 de façon plus directe que le CBD, et sur des récepteurs alpha-2 impliqués dans l’attention. Les données humaines se limitent à des enquêtes d’usage (une de 2021 sur 127 personnes, avec anxiété et douleur en tête des motifs) ; les études animales sont plus fournies, sur l’intestin et l’inflammation. À l’usage, et je le confirme sur les quelques flacons CBD+CBG que j’ai eus, il est plus « clair » que le CBD : je ne le prends pas le soir. Son article détaille ce qu’on sait.

Le CBN, en pratique

Il se fixe faiblement sur CB1 (environ un dixième de l’affinité du THC), ce qui explique une somnolence légère à forte dose. Sa réputation de « cannabinoïde du sommeil » vient d’observations anciennes sur du cannabis vieilli, plus sédatif que du frais, et d’une seule étude contrôlée récente, de 2023, où 20 mg de CBN ont réduit les réveils nocturnes sans changer l’endormissement. C’est mince. Les huiles CBD+CBN (par exemple 10 % + 2 %) peuvent valoir un essai pour les réveils de nuit ; pour l’endormissement, le CBD seul suffit. Son article fait le point.

Un flacon « CBD + CBG + CBN » à 15 % total ne dit rien tant qu’on ne connaît pas la répartition : 14 % de CBD et 0,5 % de chaque, ou 10 + 3 + 2 ? Le certificat d’analyse tranche. Et une huile full spectrum contient déjà un peu de CBG et de CBN ; les versions « enrichies » n’ont d’intérêt que si les ajouts sont dosés en milligrammes utiles, c’est-à-dire au moins 1 à 2 % chacun.

Lequel prendre pour quoi

  • Sommeil, anxiété, détente : CBD, full spectrum. C’est le mieux documenté et le moins cher.
  • Journée, concentration, fond de calme sans somnolence : CBD à petite dose, ou CBD + CBG (2:1) si le CBD seul ramollit.
  • Réveils nocturnes : CBD + CBN, en sachant que la preuve tient sur une étude.
  • Intestin, inflammation : les données CBG sont animales ; le CBD a des données comparables. Pas de raison de payer trois fois plus cher.

Mon expérience des trois. CBD seul le soir depuis quatre ans : l’effet est régulier. Un flacon CBD+CBG (10 % + 5 %) pendant deux mois, le matin, à 10 mg : un fond de calme plus net qu’avec le CBD seul, sans somnolence ; je l’ai gardé pour les périodes chargées, à 15 centimes le milligramme. Un flacon CBD+CBN (10 % + 2 %) pendant six semaines, le soir : pas de différence perceptible avec ma routine ; mais je n’ai pas de réveils nocturnes, ce qui est justement le seul usage documenté. Abandonné, sans conclure qu’il ne marche pas chez d’autres.

Ce que j’en retiens

Le CBD est la base, avec des preuves ; le CBG est un complément de journée, plausible et cher ; le CBN est un pari pour les réveils de nuit, sur une étude. Aucun des deux derniers ne remplace le premier, et une bonne huile full spectrum en contient déjà un peu. Le dossier les décrit un par un avant de passer aux molécules de synthèse.

Quelle est la différence entre CBD, CBG et CBN ?

Le CBG est la molécule mère dont dérive le CBD dans la plante ; le CBN apparaît quand le THC s'oxyde avec le temps. Le CBD est apaisant et bien documenté ; le CBG est plus tonique, avec peu de preuves humaines ; le CBN est vendu pour le sommeil sur la base d'une seule étude contrôlée.

CBG ou CBD, lequel est le plus efficace ?

Le CBD, pour l'anxiété, le sommeil et l'inflammation, avec des preuves humaines et un prix trois fois plus bas. Le CBG a un intérêt en journée pour ceux que le CBD ramollit, souvent en combinaison 2:1 avec lui.

Le CBN fait-il dormir ?

Une étude contrôlée de 2023 a trouvé que 20 mg de CBN réduisaient les réveils nocturnes sans modifier l'endormissement. C'est la seule donnée solide. Une huile CBD + CBN peut valoir un essai pour les réveils de nuit ; pour s'endormir, le CBD seul fait le travail.

Peut-on prendre CBD, CBG et CBN ensemble ?

Oui, ils sont compatibles et une huile full spectrum en contient déjà un peu. Les flacons « enrichis » n'ont d'intérêt que si le CBG ou le CBN ajouté atteint au moins 1 à 2 %, ce que seul le certificat d'analyse permet de vérifier.

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