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Hash, pollen, résine de CBD : ce qui les distingue vraiment, et pourquoi les noms trompent

Pollen de chanvre jaune, poudre fine dans un pot en verre

Photo : Mjpresson, CC BY 3.0

« Résine », « hash », « pollen », « kief » : quatre mots pour une seule chose, les trichomes du chanvre séparés de la fleur. La différence est dans ce qu’on leur fait subir ensuite. Le pollen est le trichome brut, le hash est le pollen pressé, la résine est le mot générique qui recouvre les deux, et le kief est le pollen dans le vocabulaire des grinders. Une fois ça posé, les étiquettes deviennent lisibles.

Le point de départ : le trichome

Sur une fleur de chanvre, les petites têtes translucides qui givrent les bractées sont des trichomes glandulaires. Chacun est une usine miniature à cannabinoïdes et terpènes : c’est là que le CBD se fabrique, pas dans la feuille. Une fleur à 12 % de CBD est en fait une fleur dont les trichomes titrent bien plus, dilués dans de la matière végétale. Séparer les trichomes, c’est retirer la dilution ; le produit obtenu titre 20 à 45 % selon la finesse de la séparation. Le taux d’une résine dépend donc d’abord de la propreté du tri.

Pollen : le tri à sec

Les fleurs sèches sont agitées sur un tamis fin (souvent 90 à 160 microns), à froid pour que les trichomes cassent net. La poudre récupérée est blonde à vert clair selon la pureté : plus elle tire sur le vert, plus il y a de débris de feuilles. Un premier passage sur tamis large donne un pollen « full melt » très pur ; les passages suivants récupèrent le reste, plus vert. Texture sableuse, odeur de chanvre frais, 20 à 30 % de CBD. On le dose à la pincée, et il ne colle pas aux doigts.

Hash : le pollen pressé

Le même pollen, chauffé légèrement (40 à 60 °C) et pressé sous forte pression, devient une plaquette ou une boulette. La chaleur fait éclater les trichomes ; leur contenu se lie, la couleur fonce (brun clair à brun foncé), la texture devient grasse et malléable. Le hash est plus dense, se conserve plus longtemps, et son nez est plus rond, plus terreux, moins vif, parce que le pressage libère des terpènes qui s’évaporent. « Afghan » désigne un pressage fort et sombre, « Marocain » un pressage plus léger et plus blond ; ce sont des styles, pas des origines, le chanvre venant d’Europe.

Charas et ice-o-lator : deux autres routes

Le charas se roule à la main à partir de fleurs fraîches, pas sèches : la résine colle aux paumes, on la racle, on la roule. Noir, brillant, très parfumé. L’ice-o-lator part de fleurs sèches ou congelées, agitées dans de l’eau glacée : les trichomes cassent, coulent, et sont récupérés sur une série de tamis. Aucun solvant, tri très propre, 30 à 45 % de CBD. Ces deux procédés donnent ce qu’on appelle aussi des résines, et l’article pour choisir les compare aux deux premières.

Le tableau des différences

Pollen (kief) Hash pressé
Fabrication Tamisage à sec Pollen chauffé et pressé
Texture Poudre sableuse Plaquette grasse
Couleur Blond à vert clair Brun clair à brun foncé
Taux de CBD 20-30 % 25-40 %
Terpènes Plus vifs Plus ronds, moins nombreux
Dosage À la pincée Au couteau
Conservation 12 mois 18 mois
Prix / g 5-8 € 6-10 €

Pour vérifier qu’un « pollen » n’est pas de la fleur broyée vendue plus cher : entre les doigts, le pollen file comme du sable fin et laisse une trace grasse ; la fleur broyée est fibreuse et sèche. À la loupe de téléphone, le pollen montre des petites têtes rondes, la fleur broyée des morceaux de feuille.

Ce que ça change à l’usage

En infusion, pollen et hash se valent ; le hash demande d’être émietté plus fin. En vaporisation, le pollen s’utilise seul dans une chambre à herbe, le hash demande un tampon ou un mélange à de la fleur pour ne pas fondre. En cuisine, le pollen se dose plus facilement, mais le hash a un rendement un peu meilleur parce que ses trichomes sont déjà éclatés. Les usages de la résine sont détaillés à part.

Même lot, deux produits. Un producteur français tamise ses fleurs outdoor à 8 % : il obtient un pollen à 22 %, vendu 6 € le gramme. Il en presse une partie en plaquettes : le hash titre 26 % (la chaleur a chassé un peu d’eau et de terpènes, ce qui concentre le CBD) et se vend 7 €. Même chanvre, même récolte, deux textures. Le pollen sent le foin et le citron ; le hash sent la terre et le cacao.

Les mots à ne pas confondre

  • Résine : le terme générique pour tout concentré de trichomes ; aussi le nom des trichomes eux-mêmes chez les cultivateurs.
  • Kief : le pollen qui s’accumule au fond d’un grinder ; identique au pollen tamisé, en plus vert.
  • Wax, shatter, rosin : des concentrés obtenus par solvant ou par presse à chaud sur fleur, 60 à 90 % de CBD ; pas des résines au sens du rayon, et rares en Europe.
  • Moon rock : une fleur ou une résine enrobée ; une préparation, pas un tri.

Ce que j’en retiens

Pollen et hash sont le même trichome avant et après pressage. Le pollen garde plus de nez et se dose mieux, le hash se conserve plus longtemps et titre un peu plus. Les noms de pays sur les étiquettes décrivent une texture ; le chanvre vient d’Europe et le certificat d’analyse le prouve. Pour le reste, le dossier replace la résine parmi les autres formes.

Quelle est la différence entre hash et pollen de CBD ?

Le pollen est le tamisage à sec des trichomes, en poudre blonde ; le hash est ce pollen chauffé et pressé en plaquette brune. Même matière, texture différente : le pollen a plus de nez et se dose à la pincée, le hash titre un peu plus et se conserve plus longtemps.

Le hash de CBD est-il légal ?

Oui, s'il est fabriqué à partir de chanvre du catalogue européen et titre moins de 0,3 % de THC. Les appellations « Afghan » ou « Marocain » désignent un style de pressage, pas une origine : le chanvre est européen.

Qu'est-ce que le kief ?

Le pollen qui s'accumule au fond d'un grinder à compartiment : des trichomes détachés par le broyage. C'est la même chose qu'un pollen tamisé, en général un peu plus vert parce que moins trié.

Le hash de CBD est-il plus fort que le pollen ?

Un peu : le pressage chasse de l'eau et des terpènes, ce qui concentre le CBD (25-40 % contre 20-30 %). Mais l'effet à dose égale est le même ; la différence est dans le nombre de milligrammes par gramme.

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